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Marin RAYKOV,

nouvel ambassadeur de Bulgarie en France.

Né en 1960 à Washington, M. Raykov a fait ses études secondaires à Paris et à Belgrade où son père est en poste comme diplomate. Il est diplômé  de l’Université d’économie de Sofia et entre dans la carrière diplomatique en 1987. Il est d’abord affecté au Département des Balkans (1987-92) puis exerce des fonctions à l’ambassade de Bulgarie à Belgrade (1992-95) avant de rejoindre le Conseil de l’Europe (1995-98). Il est Vice-ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’I. Kostov (1998-2001) puis il est nommé ambassadeur à Paris (2001-05). Il devient Chef du Département Europe au ministère (2005-08) et exerce à nouveau les fonctions de Vice ministre des AE dans l’actuel gouvernement Borisov. Il a été nommé ambassadeur à Paris et à présenté ses lettres de Créance au président Sarkozy le 3 décembre 2010.

 1) Quelles seront les actions prioritaires de votre mission en France ?

J’ai de multiples tâches à accomplir, mais ma mission consiste globalement à exprimer et à défendre les intérêts de la Bulgarie et de ses ressortissants. Pour résumer, je dirai que je voudrais m’investir pour dynamiser davantage les relations politiques, économiques et culturelles entre Sofia et Paris. En ma qualité de Vice-ministre des Affaires étrangères j’ai eu l’honneur de participer aux négociations sur l’Accord de partenariat stratégique signé en 2008 par les deux pays. Désormais, mon objectif est de réaliser pleinement cet accord.

J’aimerais que les sociétés françaises soient plus présentes dans l’économie bulgare car nos relations économiques sont bien en dessous du potentiel de ces deux pays membres de l’Union européenne. A ce jour, la France est le quatorzième investisseur en Bulgarie. Les visites de ressortissants français en Bulgarie sont encore très limitées. On n’investit pas dans un pays qu’on ne connait pas. Voici pourquoi je suis convaincu de l’importance de l’image du pays au-delà des intérêts du tourisme. Il est essentiel de mieux connaitre les possibilités qu’offre l’économie bulgare et, au cours des trois premiers mois de mon mandat à Paris, j’ai lancé des appels clairs en ce sens.

Je voudrais aussi souligner que je désire ouvrir les portes de l’ambassade de Bulgarie à la diaspora bulgare vivant en France. Ainsi, j’ai invité les étudiants bulgares à célébrer leur fête - le 8 décembre – à l’ambassade, car je suis persuadé que chacun d’entre eux est un « ambassadeur » de la Bulgarie qui participe à la construction de son image en France. La Bulgarie demeure leur patrie même s’ils n’y habitent pas. Je voudrais aussi améliorer le fonctionnement des écoles bulgares, je suis ouvert au dialogue avec les associations bulgaro-françaises et avec tous ceux qui ont des idées et des projets pour le développement de nos relations amicales avec la France.

 

2) En Bulgarie, comment voit-on les relations avec la France ?

Les relations diplomatiques entre la Bulgarie et la France, établies en 1878 par le Troisième royaume bulgare, n’ont jamais été perçues comme une communication de routine, mais comme l’expression de liens profonds inspirés par la solidarité des Grands esprits de la France en faveur de la lutte de la nation bulgare pour son indépendance. De nos jours, la société bulgare compte toujours sur cette même solidarité française qui l’encourage à clamer haut et fort son identité européenne retrouvée. Aujourd’hui, la France est parmi nos partenaires stratégiques et privilégiés au sein de l’Union Européenne.

La Bulgarie participe activement et à part entière dans la communauté francophone : c’est le résultat naturel du rapprochement entre les peuples bulgare et français sur la base de la langue française et des valeurs démocratiques partagées.

 

3) Il semblerait que la Bulgarie ne puisse pas rejoindre immédiatement l’espace Schengen. Quelle est la position de votre pays sur ce dossier ?

Il est certain qu’après mars 2011 tout ce qui dépend de nous sera accompli : la Bulgarie sera prête à assurer une garde sécurisée des frontières extérieures de l’Union européenne. Les évaluations des missions produites dans le cadre des accords de Schengen ne sauraient être ignorées ni céder la place à des craintes concernant la lutte contre la corruption. Il n’en reste pas moins vrai que la décision finale sera prise par consensus par l’ensemble des pays-membres de l’UE. Je voudrais souligner que notre adhésion à l’espace Schengen est dans l’intérêt de tous les pays soumis à des pressions migratoires. Et la France compte parmi ces pays.

 

(Propos recueillis par François Frison-Roche)