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Jacqueline WAGENSTEIN,

Doctorante à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) ;

 

© Galia Yotova

   Ancienne élève du « lycée 35 » à Sofia (enseignement en anglais) et du lycée français de Vienne, J. Wagenstein est titulaire de deux licences de la Sorbonne (Médiation culturelle et communication et Lettres modernes). Elle prépare ensuite une Maitrise (Conception et mise en œuvre de projets culturels) à Paris I puis un Master en politiques européennes à Paris III qui débouche sur une thèse de doctorat, préparée en cotutelle (M. Vrinat-Nikolov et A. Todorov), à l’Inalco et à la Nouvelle Université Bulgare. J. Wagenstein est depuis plusieurs années chargée des stratégies éditoriales et des relations publiques et internationales des éditions Colibri ainsi que de tous les évènements culturels que cette maison d’édition organise.

 

 

1) Pour quelles raisons faites-vous vos études supérieures en France ? 

J’ai grandi dans une famille francophone, très liée à la France. J’ai commencé à apprendre le français très jeune. Immédiatement après le BAC j’ai décidé de suivre des études supérieures à Paris. Au début, mon choix était plus lié à mes compétences linguistiques et mes préférences culturelles qu’à une formation en particulier, mais il s’est avéré être un bon choix notamment en ce qui concerne la formation liée à la culture, l’histoire de l’art et les lettres ; Paris étant une capitale culturelle qui offre de nombreuses possibilités pour suivre de près les événements qui m’intéressaient mais aussi y participer. En optant pour trois différentes formations, j’ai fini par les combiner en un seul et même projet que j’ai décidé d’approfondir par une thèse de doctorat. Cela fait maintenant plus de dix ans que je travaille sur différents sujets qui lient la Bulgarie et la France.

 

2) Quelles sont les hypothèses de votre recherche doctorale qui porte sur les mutations de l’européanisation en Bulgarie à travers le discours des intellectuels au 20ème siècle ?

Le projet fait synthèse d’une période de presqu’un siècle qui mérite d’être examinée dans son intégralité car c’est notamment dans la succession des différentes périodes et ruptures historiques que l’aspiration à l’européanisation bulgare peut être la mieux appréciée, depuis les tentatives d’assimilation de la culture et des idées politiques de l’Occident jusqu’à l’intégration aux structures européennes. Etant dans l’impossibilité d’étudier le 20e siècle en entier j’ai choisi de me pencher sur trois périodes transitoires qui semblent révélatrices de la dynamique des évènements qui m’intéressent. Le processus d’européanisation qui est au cœur de mon sujet subit de fortes transformations selon les différentes époques touchant à la fois à des problématiques culturelles, politiques et identitaires de grande importance. J’étudie en effet l’évolution du processus dans un aspect pluridisciplinaire qui évoque les relations réciproques entre plusieurs phénomènes controversés, typiques pour la Bulgarie. Le discours des intellectuels, leaders dans la société, s’y rapporte à une intensité variable selon les périodes et en reflète toutes les oscillations ainsi que les tensions et les conflits entre les nombreux dualismes qui se construisent en référence à l’européanisation. Mes hypothèses sont liées à la persistance du processus malgré ses déviations, plus concrètement la continuité des représentations de l’« Europe »  dans la discontinuité historique. Je m’intéresse aussi à la transposition et à l’implantation des modèles et leur compréhension parfois erronée ainsi qu’à certains stéréotypes forgés par le discours qui se forment, à force d’y insister, en tant qu’imaginaire national et deviennent des éléments fondateurs de la culture bulgare.

 

3) Que comptez-vous faire après la soutenance de votre thèse ? 

Je souhaiterais poursuivre davantage de recherches dans mon domaine. Parallèlement, je prépare plusieurs projets liés à mes activités éditoriales auxquelles je prends un goût particulier. En ce qui concerne le futur proche, je vois sans aucun doute ma vie partagée entre la Bulgarie et la France comme cela a été le cas jusqu’à présent.

 

(Propos recueillis par François Frison-Roche)