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Accueil Publications Interviews 3 questions à... Alis SOPADZHIYAN

Alis SOPADZHIYAN-ESPEJO,

doctorante en science politique à l’université de Rennes ;

 Ancienne élève du lycée de langue française « Antoine de Saint-Exupéry » de Plovdiv, A. Sopadzhiyan-Espejo arrive en France pour faire ses études supérieures (2002). Elle est titulaire d’une licence en Langues Étrangères Appliquées aux Affaires et au Commerce (Anglais-Espagnol) de l’Université de Limoges (2005) puis d’une maîtrise de science politique (2006) de l’Université Rennes 1 et d’un Master 2 Recherche de Science politique « Action et espaces publics en Europe », (2007) de l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes. Elle rédige actuellement sa thèse sous la direction de P. Hassenteufel et F-X. Schweyer à l’Ecole des hautes études de santé publique (EHESP) sur le rôle joué par les médecins dans la réforme du système de santé en Bulgarie.

1) Pourquoi avez-vous choisi d’étudier en France ?

 

Depuis toute petite j’avais envie de partir étudier à l’étranger, « à l’Ouest ». C’est, je pense, assez caractéristique pour une partie des jeunes de mon âge qui avons moins connu le communisme mais qui avons en revanche grandi en intégrant pleinement les différents horizons que sa fin ouvrait. Le choix de la France est venu tout naturellement car des membres de ma famille avaient émigré en France pendant la période communiste, puis dans les premières années de la transition. Dès l’âge de douze ans je me suis inscrite au Lycée de langue française à Plovdiv pour apprendre le français et ensuite, après le Bac, pouvoir partir en France pour faire des études.

 

2) Pourquoi un tel sujet de thèse et quelles sont les hypothèses de vos recherches doctorales ?

 

Travailler sur ce sujet me permettait de conjuguer une certaine sensibilité pour le « social » et une recherche dans un domaine très peu étudié, celui des transformations des systèmes sanitaires et sociaux et leurs impacts et interactions avec les dynamiques professionnelles dans les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO), et plus précisément en Bulgarie.

Le décalage qui existait en 2007 entre le discours européen des acteurs nationaux et la réalité du système de santé en Bulgarie m’a amené à m’interroger sur les facteurs qui font que, dans le domaine de la santé où les études sur l’européanisation ont désormais bien démontré l’existence de mécanismes d’influence directe et indirecte malgré l’absence de prérogatives européennes, le processus de transformation du système de santé est si lent et épineux. Les résultats de mes enquêtes montrent l’interrelation qui existe entre la légitimité et la confiance accordées par les médecins praticiens aux instances représentatives pour mener les réformes, la mise en œuvre effective de ces réformes et ses impacts sur les pratiques et dynamiques professionnelles. A une époque où l’action publique est de plus en plus pensée en termes de coopération et où sa légitimité dépend de la capacité des différents acteurs à se prêter à un jeu collectif constructif, ce défaut de confiance et de culture de coopération conditionne le cours de la réforme depuis son début. Je m’intéresse donc à ces dynamiques dont l’origine se trouve dans la recomposition des relations et représentations sociétales des années de la transition et qui entravent le cours de la réforme, mais aussi aux stratégies mises en place par les acteurs au niveau national et infranational pour surmonter les difficultés et réformer le système de santé.

 

3) Que comptez-vous faire après la soutenance de votre  thèse ?

 

J’aimerais continuer mon parcours dans le domaine de la recherche en élargissant le champ de mes recherches soit dans une perspective de « carrière universitaire », soit en me positionnant sur des projets et missions de recherche en lien avec les pays d’Europe centrale et orientale. Une autre option que j’envisage est de me présenter aux concours pour les organismes européens et internationaux comme l’UE, l’OMS, etc., qui ont des compétences dans le domaine des systèmes sanitaires et sociaux. Je ne sais pas si dans l’avenir je resterai en France, si je partirai dans un autre pays européen ou autre, mais dans tous les cas, j’aimerais beaucoup que mon activité professionnelle reste liée à la Bulgarie et que d’une façon ou d’une autre, j’arrive à contribuer aux transformations qui traversent encore aujourd’hui mon pays.

 

(Propos recueillis par François Frison-Roche)