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Accueil Publications Interviews 3 questions à... Vessela ATANASOVA

Vessela ATANASOVA,

doctorante en égyptologie à la Sorbonne ;

 Ancienne élève du lycée Tzar Asen II de Sofia (anglais et histoire), elle entame des études d’histoire à l’université de Sofia « St Clément d’Ohrid ». Elle décide ensuite de se consacrer à l’égyptologie, apprend le français à la Sorbonne (2002) et commence une licence d’archéologie et d’histoire de l’art (2003-2004). Après un Master I (2005-06) puis un Master II (2006-07) en Egyptologie à l’université Paris IV-Sorbonne, V. Atanasova entreprends une thèse en cotutelle sous la direction des professeurs D. Valbelle et S. Ignatov. Depuis 2008, elle enseigne l’Art et la langue égyptienne à la Nouvelle Université Bulgare. Elle a été boursière de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO) du Caire (2010) et a mené des recherches au Louvre et au Metropolitan Museum de New York (2010). En 2009 elle a traduit en bulgare le livre de F. de Polignac intitulé La naissance de la cité grecque.

 

 

1) Pourquoi avez-vous décidé d’étudier l’Egyptologie en France et comment vous est venue cette passion ?

 

J’étais en première année à l’université de Sofia lorsque j’ai rencontré mon futur directeur de thèse, le professeur Sergei Ignatov. Ses cours d’égyptologie, sa passion et son engouement pour l’Égypte m’ont véritablement enthousiasmée. Plus j’en apprenais à propos de l’Égypte plus cela me fascinait – la langue, la culture, la société… C’est à cause de cette nouvelle passion que j’ai voulu apprendre la langue égyptienne qui est à la base de toutes les connaissances sur l’Égypte. À cette époque, cela n’était pas possible en Bulgarie (étant devenu recteur de la Nouvelle Université Bulgare, S. Ignatov n’avait plus la possibilité d’enseigner de façon approfondie) et j’ai dû envisager un autre pays pour la poursuite de mes études. Le choix portait sur trois pays – l’Angleterre, l’Allemagne et la France. Finalement, j’ai choisi la France. J’ai préféré apprendre le français plutôt que l’allemand (même si, par la suite, j’ai du acquérir quelques notions d’allemand également), car la France est la patrie de Jean-François Champollion qui, en 1822, a déchiffré les hiéroglyphes et posé les bases de notre science.

 

2) Parmi plusieurs stages de fouilles archéologiques, vous avez participé à celles d’un site à Mirebeau-sur-Bèze. En quoi un site gallo-romain en Bourgogne est-il différent d’un site de la période grecque à Sozopol ?

 

Chaque site de fouilles a ses particularités. Les fouilles à Mirebeau-sur-Bèze étaient intéressantes pour moi car elles m’ont permis de voir et de participer à un travail français. Le site était pauvre en vestiges, par rapport de ce qu’on voit en Bulgarie et notamment à Sozopol qui a été un port antique et qui est doté d’une nécropole riche en  trouvailles archéologiques. Cependant certaines méthodes utilisées par mes collègues français ont été particulièrement enrichissantes pour moi au cours de cette fouille. La bonne ambiance sur le chantier reste toujours la même quelques soient les sites.

 

3) Votre sujet de thèse d’égyptologie porte sur « Les prêtres du culte divin du début de l’époque thinite à la fin du Moyen Empire ». Pouvez-vous nous en dire un petit peu plus ?

 

Je travaille sur la prêtrise égyptienne car j’ai toujours trouvé ce sujet intéressant. D’abord parce qu’elle présente des caractéristiques totalement différentes de celles que l’on connaît aujourd’hui et parce qu’elle reste un domaine peu étudié. En effet, le temple égyptien était perçu non pas comme un lieu de prière et de soulagement (comme dans la réalité chrétienne), mais comme une demeure, une maison de la divinité. De ce fait, les prêtres égyptiens n’étaient pas des pasteurs du peuple, mais des serviteurs de la personne divine (en égyptien « serviteurs du dieu »). Les prêtres égyptiens effectuaient quotidiennement des rites liés à la vie de la divinité dans son temple – ils lui apportaient de la nourriture, des habits, des parures, purifiaient « sa maison », etc. Leur travail était strictement règlementé, mais on ne connaît pas vraiment aujourd’hui leur statut dans la société égyptienne. Mon travail porte surtout sur la compréhension de la vie de ces personnes : de quelles familles provenaient-ils ? Comment s’habillaient-ils ? Effectuaient-ils d’autres fonctions que celles de prêtres ?, etc. Mes recherches mobilisent à la fois des recherches linguistiques (liées aux textes existants de ces personnes) et des études sur les représentations dans les tombes décorées et sur la statuaire de l’époque.