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Entretien avec

Mégléna KUNEVA[1] 

 

Ancienne Commissaire européenne…

...future présidente de la République de Bulgarie ?

 

Source : www.meglenakuneva.bg

 

[1] Mégléna Chtilianova KUNEVA est née le 22 juin 1957 à Sofia. Après des études de droit à l’université de Sofia, elle soutient sa thèse de doctorat (droit de l’environnement) en 1984 et devient Maitre de Conférences en 1987. En 1988, elle devient journaliste à la Radio nationale puis elle est recrutée comme expert auprès du Conseil des ministres (1991-2001). Elle se spécialise en droit international à l’université de Georgetown (USA) et en droit de l’Environnement à Oxford (GB). Elue députée du NDSV (Mouvement national Siméon II) en 2001, elle entre au gouvernement comme vice-ministre des Affaires étrangères en charge des négociations avec l’Union européenne puis devient, en 2002, ministre des Affaires européennes. En janvier 2007, elle est Commissaire européenne en charge de la Protection des consommateurs. En 2009, le nouveau Premier ministre, B. Borisov, ne la renouvelle pas à ce poste et elle quitte ses fonctions à la Commission européenne au terme de son mandat, en février 2010. En mai, elle devient membre du Conseil d’Administration de BNP-Paribas. M. KUNEVA est mariée à Andreï Pramov. Ils ont un enfant, Alexandre.

 

Présentation

Mégléna KUNEVA, l’ancienne Commissaire européenne Bulgare a présenté officiellement début juin sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2011 comme « candidate indépendante ». Si elle est élue, elle deviendrait ainsi la première présidente de la République de Bulgarie, la première présidente élue au suffrage universel direct dans la région des Balkans[2] et la seconde Commissaire européenne originaire de l’Europe post-communiste - après sa collègue lituanienne Dalia GRYBAUSKAITE en 2009 - à devenir présidente de la République.

Le défi que se lance Mégléna KOUNEVA est à la mesure de sa volonté d’être la meilleure à défendre l’intérêt général, sinon la première, et de son tempérament combatif. Mais ces qualités seront-t-elles suffisantes pour qu’une femme s’impose sur l’échiquier politique bulgare ?

Quels sont ses compétiteurs les plus sérieux ? La situation politique intérieure lui est-elle favorable et a-t-elle des chances de l’emporter ?

[2] La présidente du Kosovo, Atifete JAHJAGA, a été élue le 7 avril 2011 par le parlement du Kosovo.

 

Les compétiteurs

A trois mois des élections présidentielles bulgares, on connaît tous les candidats… à l’exception du principal, celui du parti majoritaire que dirige de facto l’actuel Premier ministre de « centre droit », Boïko BORISOV[3]. Evidemment, cette « absence » sur la scène politique du candidat du parti Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) – qui serait une « tactique » politique, selon la formule du Premier ministre – brouille l’actuelle dynamique de campagne dans la mesure où les sondages indiquent - aujourd’hui - que ce « candidat inconnu » serait probablement, voire certainement, élu au deuxième tour.

Mais les choses, comme d’habitude en Bulgarie, ne sont pas aussi « simples » qu’elles peuvent apparaître de prime abord ! Les sondages, comme on le sait, ne représentent qu’une « photographie » de l’opinion et ne préjugent en rien du résultat final d’une élection qui se déroulera quelques mois plus tard. C’est sans doute là d’ailleurs la principale explication du refus de dévoiler le nom du candidat avant début septembre, soit à peine plus d’un mois avant l’élection !  

Sur le nom de leur candidat à la présidentielle, le GERB – et le Premier ministre – donnent l’impression d’hésiter. Et tant pis si cette fine tactique donne aussi l’impression que les Bulgares sont considérés comme des « moutons » à qui l’on dira au dernier moment pour qui ils doivent voter !

Au « hit parade » des pronostiques, deux noms sont avancés : celui du ministre du Développement régional et des Travaux publics, Rosen PLEVNELIEV[4] et, malgré ses dénégations ca-té-go-riques, celui du Premier ministre lui-même, Boïko BORISOV. D’autres noms circulent dans la presse[5], lancés auprès de l’opinion comme autant de « ballons d’essai » ou pour mieux brouiller les pistes. Il n’est donc pas dit que le nom d’une autre personnalité ne soit finalement annoncé début septembre. En fonction des derniers sondages, en quelque sorte, ce qui est aussi une « tactique ».

Le principal parti d’opposition, le Parti socialiste (BSP), parti héritier du parti communiste, a désigné le 16 juillet Ivaylo KALFINE, l’ancien vice premier ministre, ministre des Affaires étrangères du gouvernement de S. STANICHEV (2005-09) et actuel député européen. Sa nomination peut surprendre par le « profil » du candidat qui - c’est une « première » qui en dit long - n’est même pas membre du BSP (même s’il a été élu au PE sur la liste du BSP), mais du petit Parti social-démocrate ; autant dire pour les vieux militants de l’ex-parti communiste, qui constituent encore l’essentiel du noyau dur électoral du parti socialiste, un « social-traitre », un renégat.

Quant à la « droite bulgare », plus connue sous le vocable local de « Coalition bleue », qui regroupe l’Union des forces démocratiques (SDS) et les Démocrates pour une Bulgarie forte (DSB), elle a procédé à des primaires pour départager ses « champions ». Il en ressort que c’est le candidat du SDS, Roumen HRISTOV, qui sera le candidat d’union des deux partis. Comme il est largement inconnu du public, il est bien trop tôt pour dire si cette candidature « prendra » dans l’opinion d’ici les élections. De plus, comme ces deux partis – surtout leurs leaders respectifs, Martin Dimitrov et Ivan Kostov - sont largement discrédités dans l’opinion, il est à craindre que la Coalition bleue ne fasse encore une fois que de la figuration dans cette élection présidentielle.

D’autres « partis » ont désigné un candidat. A l’extrême droite, Volen SIDEROV, le « patron » du mouvement nationaliste et xénophobe Ataka, a été le premier à annoncer sa candidature mi février. Soutien fidèle au parlement du gouvernement de Boïko BORISOV depuis deux ans – malgré quelques velléités d’autonomie –, Volen SIDEROV n’a pas trouvé mieux que d’entamer sa campagne présidentielle en tablant sur les registres qui lui sont familiers (et qui plaisent manifestement à un certain nombre d’électeurs). Il a eu, par exemple, une altercation avec l’ambassadeur des Etats-Unis dans un restaurant et il a lancé ses troupes à l’assaut de fidèles en train de prier à la mosquée de Sofia. Cette dernière provocation, qui a donné l’occasion à tous les démocrates bulgares de s’indigner – y compris le Premier ministre – devrait permettre au candidat de mobiliser et « fixer » un certain type d’électorat, tant du côté des Bulgares nationalistes que du côté des Bulgares d’origine turque[6].

Un autre parti, qui se prétend « conservateur » mais que l’on pourrait aussi qualifier d’interlope - Ordre, loi et justice (RZS) -, a désigné son vice président, Athanase SEMOV, pour solliciter les suffrages des Bulgares. Spécialisé dans la dénonciation tous azimuts – pas toujours fausses, d’ailleurs -, ce parti semble avoir atteint son seuil de crédibilité dans l’opinion, tant ses « sources d’information » peuvent laisser suggérer quelques manipulations politiques...

Enfin, pour ajouter à cette liste de candidats la touche « couleur locale », on doit mentionner également le nom de Alexeï PETROV[7], un individu qui est à lui seul un bon exemple de la quintessence de ce qui existe de pire en Bulgarie : un mélange de représentant des anciens et nouveaux « services » (de renseignement) et du très influent milieu de la criminalité organisée. Son ancienne « proximité » - au début des années 1990, il est vrai - avec l’actuel Premier ministre, et leurs relations conflictuelles d’aujourd’hui pourraient permettre de jeter dans l’espace public certains « scandales », voire quelques « révélations du passé » susceptibles de nuire ainsi à  l’image du candidat du GERB, surtout si celui-ci devait être justement l’actuel Premier ministre.

D’autres « petites candidatures » sont envisageables dans les semaines qui viennent, plus pour « grignoter » des voix à tels ou tels « grands candidats » et ainsi limiter son score que pour, on s’en doute, proposer une alternative.   

Enfin, comme à son habitude depuis vingt ans, le Mouvement des droits et des libertés (DPS)[8], qui regroupe les Bulgares d’origine turque et/ou musulmane (environ 10 % de la population), ne présente pas de candidat. Comme l’électorat en question (très obéissant aux ordres de son leader, Ahmed DOGAN) ira néanmoins voter, certains observateurs suggèrent qu’il pourrait départager les candidats, tant au premier qu’au second tour. Il sera donc tout particulièrement intéressant d’examiner la répartition des suffrages entre les candidats dans les régions concernées pour avoir une idée d’éventuels « accords » politiques (et financiers ?) passés en toute discrétion entre certains « grands partis » et le DPS…

 

[3] Pour un portrait du personnage, voir notre article :
http://www.alliancefb.org/fr/publications/regards-et-analyses/politique/25-boiko-borisov-leader-du-gerb.html

[4] Voir : http://www.government.bg/cgi-bin/e-cms/vis/vis.pl?s=001&p=0232&n=4&g=

[5] Selon la presse, les anciens présidents J. Jelev et P. Stoyanov auraient été sollicités ainsi que l’ancien ministre des Affaires étrangères, S. Pasi. Quant à B. Borisov, il à même publiquement indiqué que l’ancien monarque (1946-49) et Premier ministre (2001-05), Siméon de Saxe-Cobourg Gotha, ferait un excellent président de la République ! Ces différentes personnalités ont refusé l’offre.

[6] Voir notre article: Kasim DAL, une dissidence annonciatrice de changements au DPS ? (à paraître).

[7] Voir l’article de P. Smolar : « Jeu de rôle à la bulgare », Le Monde, daté du 25 février 2011, p. 3 et : http://www.courrierinternational.com/article/2010/02/25/alexei-petrov-grandeur-et-decadence-d-un-homme-fort

[8] Voir notre article : Le DPS, « parti charnière » sur la scène politique bulgare : http://www.hommes-et-migrations.fr/docannexe/file/5101/52_63_1275.pdf

 

 

Situation politique intérieure[9]

Trois mois avant les élections présidentielles - le premier tour est fixé au dimanche 23 octobre - la situation politique intérieure bulgare reste donc assez confuse. Pourtant, elle se caractérise par une double donnée : 1) la vacance annoncée du poste présidentiel, dans la mesure où le président en exercice, Gueorgui PARVANOV, arrive au terme de son second mandat de 5 ans et ne peut donc pas se représenter et 2) la concomitance du premier tour des élections présidentielles et des élections locales ; ces dernières étant de nature à « parasiter » la première. Dans le premier cas, il ne s’agit « que » de l’élection à une fonction, certes importante ; dans le second cas, il s’agit de l’élection de centaines d’élus locaux.

En raison de la première donnée indiquée ci-dessus, aucun candidat ne part dans la course avec « l’avantage » d’être le président sortant. Chacun est donc à égalité sur la ligne de départ. Les cartes peuvent être redistribuées par les Bulgares. Cela ouvre les « espaces du possible » car les électeurs bulgares auront finalement à choisir comme président la personnalité susceptible de les représenter le mieux, à l’étranger bien sûr mais surtout auprès de l’Union européenne qui, de Bruxelles, distribue les « fonds européens » si nécessaires au « rattrapage » de la Bulgarie.

Cet aspect spécifique représente une première « chance » pour Mégléna KOUNEVA dont le « portefeuille relationnel » global est à la hauteur des fonctions qu’elle a occupées. La candidate indépendante dispose de plus d’atouts que les candidats potentiels du GERB ; y compris le Premier ministre - qui ne parle aucune langue étrangère – et que les observateurs bulgares trouvent d’ailleurs bien silencieux, voire « isolé », lors des réunions des Chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles. Sa crédibilité d’ancienne Commissaire est également supérieure à celle du candidat du BSP, qui n’est qu’un député socialiste dans un Parlement européen où règne une majorité de droite (PPE).

La seconde donnée mentionnée, la concomitance des élections locales et des élections présidentielles, représente une deuxième « chance » pour Mégléna KOUNEVA. En effet, les deux « grands partis » bulgares actuels (GERB et BSP) sont manifestement plus intéressés par le « pouvoir » que procureront les élections locales que par le poste de président de la République. Le pouvoir local – certains disent le pouvoir financier local – est vital pour ces deux partis s’ils veulent survivre politiquement dans les années qui viennent. Remporter ainsi des postes de maires dans les grandes municipalités du pays est une priorité affiché pour le GERB. Ne pas perdre ses positions établies est une nécessité pour le parti socialiste s’il veut continuer à jouer « à armes égales » lors des prochaines législatives programmées dans deux ans environ.

A une époque révolue qui n’a pas laissé que des souvenirs impérissables dans les pays de l’espace communiste, le slogan politique en vogue était « Vsia vlast savietam ! » (Tout pour les soviets !). Cet automne, en cherchant à obtenir à la fois le poste de président de la République et une majorité de maires dans le pays, le GERB fait preuve d’un appétit politique féroce et dominateur. Surtout qu’il dispose déjà d’une majorité au parlement, du poste de Premier ministre et de la machine gouvernementale. Gagner sur les deux tableaux cet automne – c’est-à-dire remporter les élections présidentielles et locales - le mettrait ipso facto en position de monopole sur la scène politique bulgare et le « monopole politique » n’est peut être pas ce que souhaiteront les électeurs pour leur pays.  

Un esprit facétieux pourrait donc facilement détourner l’ancien slogan bolchévique bien connu en Bulgarie en « Vsia vlast Borisovou ! », tout pour Borisov ! …pour illustrer les dangers potentiels que recèle en soi tout pouvoir politique hégémonique. Dans ce domaine, depuis 1/2 siècle, les Bulgares ont une certaine expérience…

Il faut donc attendre début septembre et la nomination du candidat du GERB pour voir s’engager la « véritable » campagne présidentielle en Bulgarie.

D’après plusieurs sondages de mai - juin 2011, le candidat prévisible du GERB, R. PLEVNELIEV, semble assuré d’arriver en tête au premier tour. Les deux candidats d’ores et déjà déclarés – soit, par ordre alphabétique : I. KALFINE et M. KOUNEVA – ont de bonnes chances de pouvoir figurer au second tour. La lutte sera donc acharnée entre les trois candidats pour obtenir le meilleur score et être dans la meilleure position possible pour le second tour.

Pour de nombreux observateurs et d’après ces mêmes sondages, la perte de la présidence de la République par le parti socialiste (BSP)  semble  inéluctable – alternance oblige après la « décennie Parvanov » -. En revanche, ne pas être présent au second tour de la présidentielle serait pour le BSP une atteinte terrible à son image dans l’opinion.

En désignant Ivaylo KALFINE, le BSP a donc fait le bon choix - même si le candidat semble encore « invisible » auprès d’une majorité de Bulgares - pour préserver ses chances de figurer au deuxième tour. Un bon connaisseur du parti indiquant toutefois à demi-mot que « perdre la place sans perdre la face » pourrait être aussi une illustration du « pragmatisme » du BSP dont le principal ennemi politique dans les prochaines années n’est pas Mégléna KUNEVA – devenue présidente - mais bien Boïko BORISOV et son parti qui occuperaient tous les postes institutionnels avec les leviers politiques qu’ils procurent.

Mégléna KOUNEVA a également de bonnes chances de figurer au second tour. En se positionnant résolument « au centre » sur le plan politique tout en faisant valoir sa capacité à intervenir activement sur la scène politique européenne, elle montre à ses compatriotes qu’ils ont l’opportunité d’élire quelqu’un qui sera très utile à la Bulgarie dans les années qui viennent.

Curieusement, on peut constater que - à des degrés divers, certes - les trois candidats ont d’ailleurs un certain « profil européen ».

A travers plusieurs sondages, on discerne néanmoins qu’une majorité de Bulgares veulent surtout comme président de la République quelqu’un(e) qui soit « proche de leurs préoccupations de tous les jours » : améliorer leurs conditions de vie, leur fournir un travail, leur assurer une meilleure justice, y compris sociale !

Au cours du mois de septembre, les deux candidats qui sauront apparaître comme les plus « proches des préoccupations des gens » auront de fortes chances de pouvoir s’affronter au second tour…

 

F. Frison-Roche

 

 

[9] Pour un aperçu de la vie politique bulgare au cours de l’année 2010, voir la chronique de Maria Mateeva : http://www.est-europa.univ-pau.fr/images/archives/enligne/chronique_bulgarie.pdf

 

 

 

 

 

Entretien avec Mégléna KOUNEVA

(Réalisé à Sofia le 4 juillet 2011)

 

François Frison-Roche : Quelles sont les principales raisons pour lesquelles vous avez présenté votre candidature à la présidence de la République ?

Mégléna Kunéva : Aujourd’hui, la Bulgarie est à la croisée des chemins. Nous avons atteint des objectifs importants comme notre adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne. Mais notre ambition ne se limite pas seulement à ces adhésions, elle consiste également à restaurer la destinée du pays qui a été interrompue il y a plusieurs décennies quand la Bulgarie est devenue une partie du « bloc de l’Est ».

Nous sommes devenus membre de l’Union européenne et cela signifie beaucoup pour nous. Maintenant il est temps de formuler un nouvel objectif national pour la Bulgarie et je serais très heureuse si je pouvais participer à sa formulation, servir mon pays et mes compatriotes.

Je suis en mesure de participer à ce processus. J’ai accumulé une certaine expérience et je veux répondre aux attentes des Bulgares. Le plus important est d’agir pas à pas vers cet objectif, avec humilité mais avec assurance, pour que les Bulgares vivent mieux, soient fiers d’être membres de l’UE et des valeurs démocratiques qu’elle représente.

 

F. F-R : Quels sont les principaux points de votre programme présidentiel ?

M. K. : Le programme que je présente vise principalement à accroitre le développement économique national, à respecter l’Etat de droit et à soutenir les règles européennes de l’économie de marché. Nous avons besoin d’affirmer une volonté nationale claire dans le secteur économique, dans le développement des technologies du futur. Les Bulgares doivent être convaincus qu’ils travaillent pour leur pays et, pour ceux qui sont allés à l’étranger, qu’ils doivent faire partager leurs expériences. Cela veut dire qu’il faut créer en Bulgarie des conditions de travail attractives, des conditions de vie dignes et de la croissance. Mon programme met également l’accent sur d’autres secteurs comme l’amélioration des systèmes éducatif ou de santé.

Je propose aux Bulgares un projet national apte à recueillir leur adhésion. C’est assez difficile de susciter un consensus dans un pays qui a vécu l’expérience historique qu’il a eue dans le passé. Je veux restaurer la confiance des Bulgares dans leurs institutions et dans les personnes qui les représentent. Je veux clairement dire aux Bulgares ce que je veux faire, pourquoi je veux le faire et comment je vais le faire.

 

F. F-R : Vous souhaitez être une candidate « indépendante ». C’est pour mieux incarner « l’unité de la Nation » qui est la principale fonction du président de la République en Bulgarie ?

M. K. : Dès qu’il entre officiellement en fonction, notre constitution indique en effet que le président de la République bulgare « représente l’unité de la Nation ». Je pense qu’il est préférable de le dire clairement aussi avant les élections !

Mon parti, c’est toujours la Bulgarie. Je reçois de nombreux soutien de divers horizons politiques, y compris évidemment du parti d’où je viens. Je crois que quand on veut unifier la Nation, votre voix sera plus forte si vous indiquez que vous représenterez l’ensemble des citoyens. A l’heure actuelle, je pense que la société bulgare souffre d’un déficit de représentation de ses citoyens. Par ma candidature, je pense que je peux combler cette carence.

 

F. F-R : Etre élu au suffrage universel direct confère au président de la République une légitimité politique essentielle. Une fois élue, vous utiliserez tous les pouvoirs qui sont mis à votre disposition par la constitution[10] ?

M. K. : Oui, bien sûr ! Et j’indiquerai clairement aux Bulgares ce que je ferai et quand je le ferai car je veux rester sous leur contrôle comme je l’indique dans mon programme d’action. Comme l’élection présidentielle est au suffrage universel direct, si vous avez le soutien de gens provenant de tous les horizons politiques, alors vous êtes un président fort. Autrement, vous restez dépendant de quelqu’un au-dessus de vous, du parti politique qui vous a désigné par exemple, et c’est lui qui va essayer de vous contrôler plus ou moins en fonction de son orientation politique.

Je n’hésiterai pas, par exemple, à faire usage de mon droit de veto législatif en cas de violation des droits de l’Homme, si l’Etat de droit est remis en cause ou si la situation économique est compromise par des intérêts privés.

Le président de la République bulgare à un pouvoir important, c’est son pouvoir de communication. Je serai une présidente qui fera entendre sa voix. Les bulgares doivent être surs que je ne me tairai pas si un parti portait atteinte aux intérêts supérieurs du pays ou agissait pour des questions d’égoïsmes politiques.

 

F. F-R : L’actuel Premier ministre n’a pas soutenu le renouvellement de votre mandat de Commissaire européen en 2009. Votre candidature s’inscrit-elle comme une opposition à sa politique européenne ?

M. K. : En ce qui concerne notre destinée européenne, je ne remettrai jamais en cause l’unité ou la stabilité du pays. Je voudrais souligner ici ma totale volonté de coopérer avec tous les partis pro-européens. J’espère seulement que tous les partis, y compris l’actuel parti au pouvoir, seront en mesure de rester pro-européens. Etre pro-européen ne signifie pas qu’il faut dire « oui » tout le temps ou qu’on ne doit pas demander des précisions sur telle ou telle mesure.

J’étais en charge des négociations d’adhésion de la Bulgarie à l’UE. Ce fut une période difficile. En tant que pays candidat, nous ne pouvions pas remettre en question certaines directives déjà adoptées.

Aujourd’hui, c’est différent. Quand on négocie, par exemple, notre adhésion au « pacte Euro plus »[11] - on a besoin d’un tel projet pour la stabilité de l’Europe – il faut que nous ayons d’abord en Bulgarie une discussion sérieuse pour que l’on saisisse bien de ce dont il s’agit, si c’est dans l’intérêt de l’un des membres les plus pauvres de l’Union européenne et comment nous devons présenter notre position. Quand on souhaite franchir une nouvelle étape, on doit se faire entendre. C’est dans l’intérêt même de l’UE dont la force globale va être dépendante des éléments les plus faibles.

Je ne veux pas que la Bulgarie soit le maillon faible de l’Europe ! Quand on parle de l’Etat de droit, du pacte Euro plus, de Schengen, de nouvelles politiques économiques, l’Europe doit nous entendre plus et mieux. Pour nous faire entendre mieux, nous avons besoin d’un « locuteur », au sens propre du terme. Je voudrais être cette voix !

 

F. F-R : Les prochaines élections seront à la fois locales et présidentielles. Certains affirment que les élections locales sont plus importantes que les élections présidentielles. Partagez-vous cette affirmation ?

M. K. : Les élections locales sont évidemment très importantes. Différents partis politiques, notamment les deux plus grands, ne cessent de dire pourtant que le poste de président n’est finalement pas si important. Cette position est surprenante ! Je regrette qu’ils dévalorisent la fonction de cette institution et sa modernité aux yeux des citoyens. Une question se pose alors : pourquoi y participent-ils ? Pour monopoliser le pouvoir ? Pour éviter de gêner l’action du gouvernement et de sa majorité parlementaire si le futur président est dans l’opposition ? Je condamne totalement cette approche ! C’est une erreur politique majeure de leur part en ce début de campagne. Le rôle de l’institution présidentielle est très important aujourd’hui en Bulgarie. Comme le disait Montesquieu, les pouvoirs politiques doivent être séparés mais ils doivent évidemment aussi coopérer. La présidence de la République doit devenir un point de référence pour les citoyens. Ceux-ci doivent disposer d’un porte-voix. Je souhaite incarner cette voix des citoyens et je le ferai à ma façon.

 

F. F-R : L’une des critiques de l’Union européenne à l’égard de la Bulgarie concerne son système judiciaire. Que comptez-vous faire dans ce domaine quand vous serez élue ?

M. K. : Cette question est très importante. Quand je dirigeais les négociations d’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne, j’ai suggéré des changements constitutionnels pour introduire plus de responsabilité et de transparence dans notre système judiciaire. Sur le plan juridique, c’est désormais chose faite mais la mise en œuvre effective de ces principes de responsabilité et de transparence dans le système judiciaire bulgare nécessite encore de nombreux efforts. Dans ce domaine, nous devons avoir une véritable stratégie d’action pour la prochaine décennie. Aujourd’hui, cela nous manque. Depuis plusieurs années, nous avons procédé à la modernisation de nos différents Codes mais nous n’avons pas vraiment réformé le système en soi. Nous disposons d’un outil remarquable, l’Institut de formation des magistrats – aidé notamment par la France – mais il faut constater qu’aujourd’hui les partis politiques continuent à exercer une influence sur la nomination des juges et des magistrats. Cela doit cesser ! Si je suis élue, je dénoncerai ces agissements. Cette position de ma part est à l’origine de plusieurs attaques qui sont menées contre moi. Les nominations de Hauts magistrats que j’aurai à faire en tant que président de la République, comme par exemple à la Cour constitutionnelle, seront totalement transparentes. Les nominations des juges au Conseil Judiciaire Supérieur doivent également être transparentes.

 

F. F-R : Le refus de faire entrer la Bulgarie dans l’espace Schengen en mars 2011 peut-il être considéré comme un échec pour l’actuel gouvernement[12] ?

M. K. : Disons que c’est un mauvais signal adressé à la Bulgarie. Quand on fixe un objectif et qu’il n’est pas atteint, c’est d’abord un échec pour le pays tout entier ! Cela heurte notre dignité ! Cela montre que nous ne sommes pas capables de nous fixer un objectif et de l’atteindre.

Notre capacité d’organisation est remise en cause devant l’opinion. Les gens vont alors se dire que nous ne sommes pas, quelle que soit la réforme engagée, à la hauteur de la tâche. La question n’est pas finalement notre présence dans l’espace Schengen – qui est garantie – mais notre crédibilité.

 

F. F-R : Quelle est votre position sur l’adhésion de la Bulgarie au « Pacte Euro Plus » ?

M. K. : Je regrette que cette décision n’ait pas véritablement fait l’objet de consultations. Nous avons pourtant de bons économistes dans l’espace public et aucun débat n’a eu lieu. Il n’y a même pas eu de débat au sein du Conseil des ministres. Nous avons des questions qui n’ont reçu aucune réponse.

 

F. F-R : Quel bilan tirez-vous des dix ans de la présidence de G. Parvanov ?

M. K. : C’est le premier président de la République de Bulgarie qui a fait deux mandats. Je ne suis pas en compétition avec lui puisqu’il ne se représente pas.

Je crois qu’il faut replacer les différentes présidences dans le contexte de ces vingt dernières années. J’ai la plus grande estime pour le président Jelev, qui fut notre premier président, ainsi que pour son successeur, le président Stoyanov, qui m’a apporté son soutien quand j’exerçais des fonctions ministérielles. Laissons à l’histoire le soin de tirer le bilan de ce que chaque président a accompli. Dans sa fonction, il faut que le président de la République offre le meilleur pour la Bulgarie !

 

F. F-R : Récemment, le dirigeant d’un parti extrémiste a fait agresser, par ses troupes, des fidèles musulmans lors de la prière à la Mosquée de Sofia. Quelle est votre position sur cet événement et, plus globalement, sur la protection des minorités ethniques ou religieuses en Bulgarie ?

M. K. : En ce qui concerne l’agression, il s’agit d’une grossière offense portée à l’un des grands symboles du multiculturalisme de Sofia – la mosquée de Banya Bachi - située dans le carré sacré du centre ville où, dans un rayon de quelques centaines de mètres carrés, on trouvent une cathédrale orthodoxe, une église catholique, une synagogue et une mosquée. Ce qui s’est produit à la mosquée ne peut être qualifié que de sinistre, étranger à la nature de notre peuple et  honteux pour notre pays.  La tolérance envers les autres religions est l’une des choses avec lesquelles la Bulgarie à toujours gagné l’estime des autres peuples.

Pour moi, le pluralisme culturel n'est pas simplement une doctrine ou une théorie. C'est une cause, une cause citoyenne qui doit être défendue quotidiennement. La multitude d'identités, de langues, de communautés religieuses et ethniques est l’une des richesses de l’Europe. Je suis convaincu qu’une culture acquiert plus de force, plus d’immunité, plus de richesse quand elle se confronte, s’affirme par comparaison avec d’autres cultures différentes. Une culture fermée est comme sous cloche, barricadée contre le monde extérieur - comme l’imaginent certains néo-nationalistes -, et elle est condamnée à perdre son énergie vitale. La rose du Petit prince l’a compris qui se libère de sa cloche de verre et consent à endurer quelques chenilles au nom des papillons.  

 

F. F-R : Vingt ans après la fin du communisme, la Bulgarie est le pays européen le plus pauvre. Comment expliquez-vous cela ?

M. K. : Pendant vingt ans, il y a eu en Bulgarie de nombreux désaccords, de nombreuses querelles intestines, de nombreuses manifestations d’égoïsme de la part des partis politiques. Souvent, quand la Bulgarie faisait un pas en avant, elle faisait immédiatement deux pas en arrière !  

A l’inverse du processus européen qui finit toujours par aboutir à une solution de compromis – des pays peuvent aussi être en désaccord profond sur certains sujets ou vouloir défendre des intérêts égoïstes – nous n’avons souvent pas été capable de nous entendre entre Bulgares. C’est une grande leçon pour nous !

L’absence de mise en œuvre réelle d’un Etat de droit et la présence d’un système judiciaire trop souvent défaillant ont largement contribué à empêcher une création globale de richesses dont une majorité de citoyens aurait pu profiter depuis vingt ans.

 

F. F-R : Selon le ministère bulgare de la Défense[13], la Bulgarie est présente sur huit théâtres d’opérations extérieures. Si vous êtes élue, en votre qualité de Chef des Armées, que comptez-vous faire ?

M. K. : Comme dans de nombreux autres pays, le président de la République est, en effet, le Chef des armées en Bulgarie. A côté de lui, il dispose du ministère de la Défense et de l’état-major général des armées. Ces deux institutions fournissent de l’expertise et, si je suis élue présidente, je m’appuierai évidemment sur leurs appréciations.

De manière plus générale, les questions de sécurité dépassent les questions purement militaires et je souhaite inclure nos forces armées dans ce contexte de sécurité globale. Bien sûr, il faut veiller à ne pas exposer inutilement nos forces et protéger nos soldats où qu’ils se trouvent. La Bulgarie est partie prenante d’un système de défense globale et je veillerai à ce que la voix de la Bulgarie soit entendue. Nous avons besoin de plus de coopération avec nos alliés et d’une meilleure présentation de celle-ci auprès de l’opinion publique bulgare. Que faisons-nous, où le faisons-nous et pourquoi le faisons-nous. Aujourd’hui, le danger terroriste est très différent de ce qu’il pouvait représenter il y a vingt ans. Confrontées à de nouveaux défis, nos forces armées doivent faire face à de nouvelles exigences et je suis consciente de ses besoins de modernisation. Nous devrons veiller à fournir une meilleure formation, un meilleur entrainement à nos militaires pour qu’ils s’intègrent pleinement dans ce nouvel espace de Défense.

Plus spécifiquement, la question des marchés publics ne m’apparaît pas, en ce qui me concerne, comme une procédure réservée au seul secteur civil. Il y a de nombreux points qui, dans le domaine militaire, relève d’abord de l’organisation et je porterai une attention particulière sur cet aspect essentiel du management de nos forces armées.

 

F. F-R : Estimez-vous que la Bulgarie est trop dépendante de la Russie sur le plan énergétique ?

M. K. : Si l’on prend en compte la diversification de notre approvisionnement énergétique, oui, nous le sommes. La solution se trouve d’abord dans les accords européens. Nous devons développer nos connexions avec d’autres pays, tout spécialement avec la Grèce et la Roumanie. Nous devons également développer les énergies renouvelables. Nous faisons partie d’un ensemble européen. Pour moi, c’est une réponse importante à nos problèmes dans le domaine du gaz ou de l’électricité. Je soutiens fermement la politique européenne de l’énergie. Nous avons beaucoup souffert de ne pas être vraiment inclus dans ce réseau. La Bulgarie n’est pas la seule dans cette situation. Pendant la crise du gaz avec l’Ukraine, la Slovaquie a également été, comme nous, très affectée.

Dans ce domaine aussi, je voudrais être le porte-parole des intérêts des gens. Nous avons besoin d’une institution qui défende l’intérêt des gens et parle en leur nom si l’on veut combler le fossé de défiance qui existe actuellement.

 

F. F-R : La construction de la centrale nucléaire de Béléné est-elle une nécessité pour la Bulgarie ?

M. K. : Il est très étrange que l’on aborde cette question sans jamais parler d’efficacité énergétique. Nous avons une directive européenne sur l’efficacité énergétique et je ne sais pas vraiment comment la Bulgarie la met en application et quelle est le pourcentage d’efficacité énergétique dans le pays.

Je ne sais pas vraiment ce qu’il y a dans ce contrat ni quelles sont les mesures incluses dans les récentes négociations. Je ne connais pas non plus vraiment le coût exact de ce projet. Il en va de même des nouvelles exigences en matière de sécurité et j’espère que cette question est vraiment considérée comme une priorité.

Nous avons besoin de plus de transparence dans la négociation de ce dossier et j’insiste pour que la construction de la centrale nucléaire de Béléné soit envisagée dans un contexte de sécurité, d’efficacité énergétique, de participation  d’investisseurs européens et de l’utilisation des technologies les plus modernes. Je ne ferai aucun compromis sur les questions de sécurité. Pour moi, la sécurité passe avant tout.

 

F. F-R : L’actuel Premier ministre a donné un permis de recherche à la société américaine CHEVRON pour le gaz de schiste. Approuvez-vous cette décision ?

M. K. : J’ai abordé ce sujet avec plusieurs Organisations non gouvernementales [NGO] qui sont très attentives, comme l’opinion publique d’ailleurs, à la protection de l’environnement. J’insiste pour que l’on soit informé de l’impact de ces recherches sur la nature. C’est une question légitime.

Bien sûr, Il faut prendre en considération l’arrivée d’un investisseur étranger dans le cadre de notre économie. Mais nous devons obtenir des réponses claires sur la façon dont cela affectera notre environnement. Il ne faudrait pas que cette décision nous revienne comme un boumerang et affecte, dans l’opinion publique, la crédibilité des investisseurs internationaux et de l’action gouvernementale.

 

F. F-R : Qu’est-ce que la France représente pour vous ?

M. K. : La France représente beaucoup pour moi, vraiment, et pour plusieurs raisons. Ma famille aimait la France, mon grand père à fait ses études à la Sorbonne, ma mère à fait ses études au lycée français avant qu’il ne soit fermé par le régime communiste.

Je suis officier de la Légion d’Honneur et je me rappelle encore quand j’ai été décorée. On m’a dit : « Maintenant, vous êtes une fille de France » et j’ai évidemment éprouvé une grande émotion ! J’admire beaucoup la culture française. C’est une source et un symbole d’ouverture. Oui, c’est un pays qui m’est très cher !

 

[10] La constitution bulgare confère au président de la République quelques pouvoirs importants, notamment en matière de nomination (les ambassadeurs, plusieurs hauts magistrats, juges à la Cour constitutionnelle ou membres d’instances diverses). Il peut également demander une nouvelle lecture de la loi, saisir la Cour constitutionnelle, réunir le Conseil consultatif de Sécurité nationale, qu’il préside, s’adresser quand il veut à la Nation. Les services de renseignement extérieur sont sous son contrôle et il est le chef des Armées.

[11] Six pays (Bulgarie, Roumanie, Pologne, Lettonie, Lituanie et Danemark), non membres de la zone euro, ont indiqué qu’ils allaient se joindre à un projet inspiré par l’Allemagne appelé « pacte euro-plus ». Ce projet leur permettrait d'approfondir la coordination de leurs politiques économiques et leur donnerait en échange un accès au mécanisme de sauvetage permanent de l’UE après 2013.

[12] Initialement prévue pour mars 2011, l’entrée de la Bulgarie (et de la Roumanie) dans l’espace Schengen a été reportée. En effet, les ministres de l’Intérieur français et allemand ont envoyé en décembre dernier une lettre conjointe à la Commission européenne, estimant que les deux pays n’avaient pas suffisamment fait de progrès en matière de lutte contre la corruption et la criminalité. Cette décision a provoqué de vives réactions dans les deux pays. Selon certaines informations, l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen se ferait en deux étapes. En septembre 2011, le contrôle frontalier aérien des deux pays disparaitrait. En 2012, il devrait en être de même pour les frontières terrestres et maritimes. Cette formule aurait été proposée par l’Allemagne avec l’accord de la France, des Pays-Bas et de la Finlande, pourtant préalablement opposés à l’adhésion des deux pays candidats dans l’espace de libre circulation. La décision finale devrait être prise le 23 septembre lors de la réunion des ministres des affaires intérieures des pays membres de l’UE.

[13] Voir : http://www.md.government.bg/en/tema_MissionsOperations.html

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Mégléna KUNEVA

à choisi comme Vice Président de la République[14]

 

 

Lioubomir HRISTOV, Docteur en économie, professeur associé d’Economie à l’université de Sofia, ancien expert à la Banque Nationale de Bulgarie et ancien Conseiller du Directeur exécutif de la Banque Mondiale.

 

 

 

[14] La constitution bulgare de 1991 prévoit (comme la constitution américaine) l’élection d’un vice président de la République. Sur les origines politiques et juridiques de cette disposition constitutionnelle on peut se reporter à notre étude : F. Frison-Roche, Le modèle semi-présidentiel comme instrument de la transition en Europe post-communiste (Bulgarie, Lituanie, Macédoine, Pologne, Roumanie et Slovénie), Bruylant, 2005, 576p. (p.70-75). http://www.bruylant.be/st/fr/fiche.php?id=12421&PHPSESSID=8df73af42269f9ae891f3ce5f87ae7fe